Nous sommes (aussi) le service public

« Transmettre le kiff, pas la colère » 

Le “kiff” c’est l’autre mot de la passion, une expression qu’emploient les jeunesses de ce pays et notre groupe de médias associatifs, Radio Campus France, rassemblant 27 radios locales d’initiative étudiante. Oui, plutôt qu’une complainte, nous chantons le passion collective pour le média radio, vu comme une fabrique, sinon une chambre d’écho de la parole citoyenne.

Depuis près de 50 ans – Radio Campus à Lille émettait déjà en 1969 – nous cultivons ce besoin viscéral des citoyens, organisés en association, d’investir les agoras et les espaces publics, qu’ils soient physiques, hertziens et aujourd’hui numériques, pour mieux les appréhender.

Pourquoi nous, acteurs associatifs affirmons-nous cela ? A l’occasion d’un rendez-vous à l’Assemblée Nationale le 7 juin dernier, nous avons pu confronter cette affirmation, un brin audacieuse, devant un parterre d’experts du monde des médias, du politique et des acteurs de terrain. Vous trouverez sans doute cela surprenant mais nous sommes tombé d’accord. A l’orée d’une remise à plat de la loi de 1986 relative à la liberté de communication et la limitation les positions dominantes dans l’audiovisuel et la presse écrite, nous affirmons :

Nous sommes (aussi) le service public

Éducation aux médias et à l’information, communication sociale de proximité (loi de 1986), vulgarisation scientifique et technique, économie sociale et solidaire, désenclavement culturel, développement et production artistique, diffusion de la création, production d’information locale, la liste est encore longue ! 

Au delà du manque de moyens et d’ambition de nombreux politiques dans ces domaines, il est temps de se mobiliser, d’être force de proposition, de convaincre davantage, de défendre ardemment nos valeurs. 

Nos propositions:

  • Valoriser l’hyper-proximité et la reconnaissance formelle d’une délégation de service public aux mains de nos radios. C’est leur quotidien que d’aller à la rencontre des personnes et des groupes sur les territoires, nous sommes les seuls à le faire et à rompre avec l’isolement de nombreux acteurs et habitants des territoires. Et les sollicitations sont nombreuses. L’enjeu est de savoir comment y répondre.

 

  • Établir la confiance. En finir avec le Méta-travail. Il y a une gabegie quant au temps consacré au commentaire de notre propre activité, en comparaison du temps consacré à l’activité elle même. La hausse continue des appels à projets au détriment des financements structurels dans les budget des radios n’est pas un fantasme. Sur ce point, le temps consacré à la “sélective” , sous-dossier du Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique (dites FSER) dont la note conditionne une part variable d’une subvention qui se voulait structurante. Le FSER mobilise en moyenne deux mois du travail à l’administrateur d’une radio aujourd’hui, les critères et justificatifs d’actions étant toujours plus complexes. Les financements par projet, chronophages, nuisent à la capacité de management des associations, qui pour la plupart comptent plus de 90% de bénévoles. Et les médias de proximité n’ont même pas la sécurité de voir leur fond inscrit dans la loi.

 

  • Les bénévoles, parlons en ! Rares sont les moyens et les manières, en dehors de leurs activités au sein des radios, de valoriser leur engagement associatifs.

 

  • Soutenir nos investissements et les leviers de développement pour ENFIN opérer notre transition numérique. Radios des “jeunes”, nous devons mieux coller à l’évolution des usages, à encourager l’expérimentation des nouveaux formats d’écriture. On en peut pas dire que les radios associatives sont des petites choses qu’on devrait laisser sur le bord de la route alors qu’il y a un maillage existant, des équipements, des structures ancrées sur leurs territoires. Néanmoins, les changements technologiques et les nouveaux usages nous imposent de revoir le cadre. La création d’une plateforme numérique rassemblant les contenus thématiques et géolocalisés ne pourra se faire de manière ambitieuse sans une aide à l’investissement.

 

  • Clarifier les missions. Les radios, les réseaux sont des terrains d’expérimentation dans le domaine des médias et du journalisme. Radios de quartier, ateliers radios en milieu scolaire, radios éphémères sont autant de projets investis par nos associations qui donne la parole, transmet la pratique des médias et co-construisent des contenus avec les citoyens. Nous nous réjouissons que les politiques publiques en matière de médias soient en faveur de l’éducation aux médias ou de la diversité. Assumons ensemble l’idée de médias citoyens.

 

  • Les radios associatives sont des espaces artistiques, en proximité avec la création. Les structures artistiques et culturelles implantées sur les territoires font appel à nous, les radios se positionnent à leurs cotés en tant que diffuseurs ou co-producteur. Mais ces même radios sont des espaces de création, intégrés à des écosystèmes artistiques. Nombreux sont les jeunes artistes à être passés en radio pour devenir ensuite musiciens ou créateurs sonores. Les radios les plus “performantes” dans notre réseau sont justement celle qui reçoivent le soutien des lieux et évènements culturels implantées sur leurs territoires de diffusion.

 

  • Nous sommes des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Les acteurs de l’ESS, qu’elle produisent des biens ou des services, ont besoin d’acteurs d’une autre typologie: les diffuseurs et les animateurs que nous sommes.

 

  • Réalisons ensemble une étude approfondie de la radio associative. Le réseau Radio Campus France et ses radios se portent volontaire pour cette étude si tentée qu’elle soient envisagés sur des critères qualitatifs à différentes échelles, du micro au macro. Où trouvez les données? Avec les 500 dossiers  remis chaque année par presque autant de radios associatives pourraient constituer la substantifique moelle de cette étude si elle était portée par les pouvoirs publics. Nous manquons de temps et de ressource pour réaliser une étude en interne.

 

Qui sommes nous:

Radio Campus France – IASTAR est le réseau national des radios jeunes d’initiatives étudiantes en France.

Médias jeunes, curieux et indépendants, les Radios Campus diffusent diffusent en FM et sur le web un ensemble de valeurs communes :

  • Expression médiatique et citoyenne de la jeunesse
  • Mise en lumière des nouveaux talents français et étrangers dans tous les domaines d’activité
  • Savoir faire et partage de connaissance en matière de production/creation radiophonique
  • Proximité avec tous le tissu des acteurs et groupe d’acteurs locaux
  • Lien direct le public, contributeurs ou simple auditeurs des radios
  • Accompagnement des projets de radios étudiantes, des jeunes bénévoles et des volontaires en service civique

RCFR – Quelques Chiffres

  •  Radio Campus France fédère aujourd’hui 27 radios FM et Web dans 28 villes de France
  • Les ondes des Radios Campus touchent un bassin de population d’environ 22 millions de personnes – dont plus de 1 200 000 d’étudiants –
  • Notre fédération mène chaque année quantité de projets collectifs ou mutualisés dans les domaines de la musique, du cinéma, de la littérature, des nouvelles technologies, de la création sonore, de l’information et de la représentation auprès des institutions.

plus d’infirmation sur nos radios et notre réseau ICI